Enfants et écrans, quels sont les effets sur leur comportement ?

Fév 15, 2026 | Enfance et éducation

Un sujet qui fâche, qui interpelle et pourtant nous en sommes tous dépendants… Les écrans ! Le sujet enfants et écrans soulève de nombreuses questions et les débats sont souvent animés… Alors entrons dans le vif du sujet pour comprendre ce que dit la science sur les effets des écrans sur le cerveau et le comportement des enfants et des adolescents.

ENFANTS ET ÉCRANS

Changements dans le cerveau des enfants

Le cerveau d’un enfant est en pleine construction. Chaque expérience, chaque interaction, chaque stimulation laisse une trace. Et aujourd’hui, les écrans font partie de cet environnement quotidien… dès le plus jeune âge.

Les neurosciences nous permettent aujourd’hui d’aller plus loin : grâce à l’imagerie cérébrale (IRM, EEG), plusieurs études observent que le temps passé devant les écrans peut influencer le développement cérébral.

Une revue systématique publiée dans JAMA Pediatrics en 2019, analysant 33 études d’imagerie cérébrale, met en évidence des corélations entre temps d’écran et modifications de certaines régions cérébrales impliquées dans l’attention, la mémoire, le langage et la régulation des émotions.

À noter : chez les enfants de moins de 12 ans, passer davantage de temps devant les écrans est associé à une connectivité plus faible dans des réseaux cérébraux qui sont encore en construction. (cf analyses issues de l’ABCD Study)

Enfants et écrans, petit garçon qui regarde un écran

D’autres travaux montrent que chez les enfants de 9 à 10 ans, un temps d’écran élevé est lié
à une croissance plus lente du cortex, une zone centrale liée au contrôle de l’attention et des impulsions.

Cela pourrait en partie expliquer l’augmentation des difficultés attentionnelles et des symptômes de type TDAH (Trouble déficit De l’Attention avec ou sans Hyperactivité) observés chez certains enfants.

Par ailleurs, certaines études utilisant l’électroencéphalogramme (EEG) mettent en évidence une activité cérébrale plus faible quand l’enfant doit mobiliser ses capacités d’inhibition, c’est-à-dire la capacité à retenir un geste, une parole ou une réaction : une compétence importante dans le développement cognitif et social, pour bien grandir, apprendre et surtout savoir entrer en relation avec les autres.

Mon avis de coach en éducation et en développement personnel : ces données ne cherchent pas à effrayer, mais à nous inviter à la vigilance. Lorsque l’usage des écrans est intense, précoce ou peu accompagné, il peut influencer la structure et le fonctionnement du cerveau en développement, donc celui des enfants. 

Car rappelons-le, le cerveau d’un enfant a avant tout besoin de présence, de relations vivantes, de mouvements, de jeux et d’expériences sensorielles réelles (et j’insiste bien sur le terme « réelles ») pour s’épanouir vraiment et pleinement.

ENFANTS ET ÉCRANS : QUE FAIRE ?

Des pistes pour un usage plus conscient des écrans

Nous ne pouvons pas (et sans doute ne devons pas ?) éliminer totalement les écrans de
nos vies. Ils sont devenus des outils incontournables de notre quotidien, à l’école comme au travail. En revanche, nous pouvons apprendre à passer d’un usage « subi » à un usage choisi, plus conscient, plus humain, plus respectueux de nos besoins fondamentaux.

1. Commencer par soi : incarner ce que l’on souhaite transmettre

Les enfants apprennent avant tout par imitation. Notre propre relation aux écrans est un message implicite mais pas moins important. Observer nos automatismes, réduire le multitâche, oser poser le téléphone lorsque l’enfant nous parle, créer des temps sans écran (repas, rituels du soir, moments de partage…) est la première étape pour un usage plus conscient des écrans.

Une consommation raisonnée chez l’adulte ouvre un espace sécurisant pour l’enfant.

2. Être avec, plutôt que laisser faire

Les spécialistes insistent sur l’importance du co-usage : regarder avec l’enfant, commenter,
poser des questions, partager… Être présent pendant l’usage a le pouvoir de véritablement changer l’expérience. L’écran cesse d’être un refuge solitaire pour devenir un support de lien, de langage et de réflexion. Ce qui compte n’est pas seulement combien de temps, mais avec qui et comment !

3. Poser un cadre, sécurisant et évolutif

Les règles autour des écrans ne sont pas des sanctions, mais des repères. Définir ensemble « les règles du jeu », c’est-à-dire le temps, la durée, les contenus adaptés à l’âge permet de sécuriser le cerveau de l’enfant, encore en construction. Des travaux en psychologie développementale confirment que des règles expliquées, cohérentes et ajustées dans le temps favorisent l’adhésion et réduisent les conflits.

4. Réouvrir l’espace du dehors et du vivant

Le temps passé devant les écrans se fait souvent au détriment du mouvement, du jeu libre,
du contact avec la nature. Or, les activités extérieures ont un intérêt primordial dans le bon développement du cerveau, la régulation émotionnelle et l’apaisement du système nerveux. Marcher, courir, grimper, respirer, s’ennuyer parfois… autant d’expériences indispensables que les écrans ne peuvent remplacer !

5. Mettre des mots sur les émotions liées aux écrans

De plus en plus de professionnels invitent à aller au-delà du contrôle du temps d’écran pour
explorer le vécu émotionnel.

Par exemple :
– Dans quels moments l’enfant (ou l’adulte) attrape-t-il son téléphone ? Ennui, stress, solitude, fatigue, besoin de reconnaissance ?
– Quelles émotions apparaissent pendant l’usage ? Et après ? Apaisement, excitation, frustration, vide ?

Cette exploration, inspirée de la pleine conscience et de l’éducation émotionnelle, permet de faire émerger une conscience plus fine des mécanismes d’addiction.

6. Nommer l’addiction sans dramatiser

Parler d’addiction aux écrans n’est pas exagéré lorsqu’on observe la difficulté à s’arrêter, l’irritabilité lors de la coupure ou la perte de contrôle. Le nommer avec bienveillance aide l’enfant ou l’adolescent à comprendre que le problème ne vient pas de lui, mais du fonctionnement du cerveau face à des outils conçus pour capter l’attention.

Cette prise de conscience ouvre la voie à des ajustements et à la mise en place de nouvelles activités, plus nourrissantes.

7. Cultiver la réflexion et l’autonomie

Les débats philosophiques, les échanges sur le sens, l’utilité et les effets des écrans permettent aux enfants et aux adolescents de devenir acteurs de leurs choix. Questionner plutôt qu’imposer développe l’esprit critique, l’autonomie et une relation plus mature au numérique.

ENFANTS ET ÉCRANS :  ET MAINTENANT ?

Entre la perception et l’utilisation des écrans…

Alors, enfants et écrans : amis ou ennemis ? En vérité, les écrans ne sont ni des ennemis à combattre, ni des solutions miracles. Ils sont des outils, qui demandent conscience, discernement et accompagnement. En réintroduisant de la présence, du dialogue, du cadre et de l’écoute émotionnelle, nous aidons les enfants (et les adultes que nous sommes) à retrouver un équilibre plus juste, plus vivant, plus aligné avec nos véritables besoins.

Je dirais que changer notre relation aux écrans, ce n’est pas renoncer au progrès. C’est réapprendre à choisir, à ressentir, à être pleinement là, ici et maintenant. 

VOTRE PROCHAIN RENDEZ-VOUS !

Accompagner les parents, pour mieux accompagner vos enfants

Si ces questions vous touchent, si vous souhaitez approfondir la réflexion, partager vos expériences ou découvrir des outils qui fonctionnent vraiment pour accompagner vos enfants et adolescents vers un usage plus conscient des écrans, je serai ravie d’en discuter avec vous lors du Salon de la Parentalité et du Bien-Être à Bougarber (64), le samedi 7 mars prochain.

Un espace pour échanger, questionner, réfléchir ensemble… et semer des graines de conscience.

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