Faim, énergie, cerveau : que se passe-t-il vraiment pendant un jeûne ?
LE CORPS ET LE MENTAL FACE AU JEÛNE
Jeûner plusieurs jours : ce qui change dans le corps… et dans la tête
Que se passe-t-il réellement dans notre corps lorsque nous arrêtons de manger pendant plusieurs jours ?
La faim, la fatigue, le manque d’énergie ou encore les difficultés de concentration font partie des premières inquiétudes lorsqu’on envisage un séjour de jeûne.
Il faut dire que nous sommes habitués à manger plusieurs fois par jour. Difficile, dans ces conditions, d’imaginer comment notre organisme pourrait continuer à fonctionner sans alimentation solide !
Pourtant, notre corps dispose de mécanismes qui lui permettent de s’adapter temporairement à cette privation alimentaire. Et cette adaptation peut aussi modifier notre rapport aux sensations, au temps et parfois même à notre mental.
Mais comment fonctionne-t-il pendant un jeûne ? Et que peut-on réellement ressentir au fil des jours ?
C’est ce que nous allons explorer dans cet article.
Premier jour de jeûne
Entre la faim et l’habitude de manger
Après notre dernier repas, l’organisme utilise d’abord le glucose (un sucre qui fournit de l’énergie à nos cellules), puis progressivement ses réserves de glycogène (la forme sous laquelle notre corps stocke le glucose, principalement dans le foie et les muscles).
Mais il n’y a pas que la physiologie qui se manifeste.
Le premier jour, nous pouvons avoir l’impression que notre cerveau réclame son petit-déjeuner, son café, son déjeuner ou son petit carré de chocolat. Mais est-ce vraiment de la faim ?
Parfois oui, mais certaines sensations correspondent aussi à des habitudes, des horaires, des automatismes…
C’est une des choses intéressantes que l’on peut observer pendant un séjour : lorsque les sollicitations alimentaires diminuent, on commence à mieux distinguer la faim, l’envie, l’habitude ou encore le besoin de réconfort.
Et pour les personnes qui ont l’habitude de courir partout, apprendre à reconnaître ces sensations est déjà une façon de pratiquer la pleine conscience.
Quand le corps change de carburant
Plusieurs jours sans manger :
d’où vient notre énergie ?
Lorsque les réserves de glycogène diminuent, l’organisme va davantage mobiliser ses réserves de graisse.
Le foie produit alors des corps cétoniques (des molécules fabriquées à partir des graisses, qui peuvent servir de carburant à notre organisme), qui peuvent être utilisés comme source d’énergie par différents organes, notamment le cerveau. C’est ce que l’on appelle la cétose : un état dans lequel l’organisme utilise davantage les graisses et les corps cétoniques comme sources d’énergie.
Cette transition ne se fait pas forcément au même rythme pour tout le monde.
Certaines personnes peuvent ressentir de la fatigue, avoir froid ou souffrir de maux de tête pendant cette phase d’adaptation. Pour celles qui ont l’habitude de boire beaucoup de café, la diminution de la caféine peut également se faire sentir.
C’est aussi pour cette raison que la descente alimentaire (voir l’article que j’ai écrit sur le sujet), préparée avant le séjour, est importante.
Mais surtout, le maître-mot reste l’écoute de soi : on adapte le rythme des activités à son état de forme, sans chercher à « performer » son jeûne.
LA FAIM PENDANT LE JEÛNE
« Plus on jeûne, plus on a faim »
C’est une crainte fréquente chez les personnes qui n’ont jamais jeûné : avoir faim.
Pourtant, la sensation de faim peut évoluer au fil des heures et des jours. Chez certaines personnes, elle devient même moins présente après les premiers temps d’adaptation.
Et c’est précisément à ce moment-là que les sensations changent.
Certaines personnes décrivent une impression de légèreté, une énergie différente ou encore une plus grande clarté mentale.
Mais attention, ce n’est ni automatique ni garanti ! Chaque personne vit son jeûne différemment. Personnellement, j’ai vraiment ressenti cette impression de clarté mentale lors de mon premier jeûne. J’en parle d’ailleurs plus en détail dans mon retour d’expérience sur le jeûne Buchinger.
JEÛNE & CLARTÉ MENTALE
Le jeûne change-t-il aussi notre façon de penser ?
C’est probablement l’aspect qui m’intéresse le plus en tant que psychopraticienne et formatrice : ce qui se passe dans la tête !
Lorsqu’on parle de jeûne, on pense spontanément au corps. Pourtant, certains évoquent aussi des changements sur le plan mental : davantage de calme, une prise de recul, des pensées moins envahissantes ou simplement l’impression de voir les choses autrement.
La physiologie pourrait en partie contribuer à expliquer ces ressentis. Pendant le jeûne, les corps cétoniques deviennent progressivement une source d’énergie pour le cerveau (cf l’étude de Hasselbalch). Les recherches s’intéressent notamment aux effets des états cétogènes sur le fonctionnement cérébral et les capacités cognitives, même si leurs implications restent à préciser.
Mais il ne faut pas oublier tout ce qui accompagne l’expérience du jeûne.
Pendant un séjour, nous ne mangeons pas seulement moins : nous en faisons aussi moins.
Nous nous éloignons temporairement de notre rythme habituel, des obligations et des sollicitations permanentes. Nous prenons le temps de marcher, de respirer, de dormir, d’observer… Des choses simples, auxquelles nous n’accordons pas toujours de place dans notre quotidien.
Et lorsque le bruit extérieur diminue, il devient plus facile d’entendre ce qui se passe à l’intérieur.
LES ÉTAPES DU JEÛNE
Troisième jour de jeûne :
mythe ou véritable tournant
Vous avez peut-être déjà entendu dire que le troisième jour de jeûne est celui où « tout bascule ». Mais est-ce systématiquement le cas ?
Eh bien, pas nécessairement. Certaines personnes ressentent assez rapidement une impression de légèreté ou de clarté mentale, tandis que d’autres ont besoin de plus de temps pour s’adapter, voire continuent à ressentir de la fatigue.
Sur le plan physiologique, à mesure que le jeûne se prolonge, l’organisme utilise davantage les graisses et les corps cétoniques comme sources d’énergie.
Mais au-delà de ces changements, il y a aussi le rythme du séjour : moins de sollicitations, davantage de repos et du temps pour soi.
Et lorsqu’on a l’habitude de vivre à cent à l’heure, ralentir peut d’abord être déstabilisant… avant de devenir une expérience particulièrement appréciable. 😉
L’ART DE NE RIEN FAIRE
Jeûner, c’est aussi sortir du « faire »
C’est précisément ce que j’ai expérimenté lors de mon premier séjour de jeûne.
Moi qui ai tendance à remplir facilement mes journées, j’ai d’abord trouvé étrange de disposer d’autant de temps. Puis, petit à petit, j’ai redécouvert le plaisir de ne rien faire.
Écouter les oiseaux, sentir le soleil sur ma peau, marcher sans chercher à atteindre un objectif, prendre le temps de méditer, d’observer mes sensations ou simplement de laisser passer mes pensées…
Car pour une fois, il n’y avait rien à réussir.
Et je crois que c’est aussi ce qui peut faire du bien aux personnes que j’accompagne habituellement : celles qui sont toujours dans l’action, qui portent beaucoup de responsabilités, qui ont du mal à s’arrêter ou qui cherchent constamment à faire « encore plus, encore mieux ».
Bien sûr, le jeûne ne résout pas à lui seul ces difficultés. Mais le séjour peut offrir un cadre propice pour prendre du recul, ralentir et s’autoriser, enfin, à ne rien faire !
Corps & psychisme
Travailler avec la tête, oui…
mais sans oublier le corps
Vous l’aurez peut-être compris, c’est cette expérience qui m’a donné envie d’intégrer le jeûne à mon activité professionnelle, après m’être formée auprès d’Éco-Jeûne.
Depuis plusieurs années, j’accompagne des personnes dans la gestion du stress, des émotions, le développement de la confiance en soi et le travail sur leur posture.
Au fil de mes accompagnements, j’ai constaté combien il pouvait être difficile de travailler uniquement « avec la tête ». Nos émotions, notre fatigue et nos sensations physiques ont aussi leur place dans ce cheminement. Encore faut-il prendre le temps de les écouter !
Et lorsqu’on s’autorise enfin à ralentir, les choses deviennent plus claires.
Le jeûne Buchinger est avant tout une expérience corporelle. Mais grâce au cadre du séjour, c’est aussi l’occasion de s’offrir un espace de réflexion et d’écoute intérieure, notamment grâce au repos, à la marche et à la pleine conscience.
C’est cette rencontre entre le corps, le psychisme et la nature que je souhaite vous faire expérimenter lors de mes séjours de jeûne dans le Gers.
Mon petit doigt me dit que vous savez certainement vous arrêter de manger quelques jours. Mais savez-vous vous arrêter tout court ?
Je vous attends pour que nous découvrions ensemble la réponse. 🍃
À savoir avant d’envisager un jeûne
Le jeûne prolongé ne convient pas à tout le monde, et les sensations comme les réactions peuvent varier d’une personne à l’autre. Avant de se lancer, il est important de vérifier les éventuelles contre-indications avec un professionnel de santé. Un séjour encadré permet ensuite de bénéficier d’un accompagnement et d’adapter les activités à son état de forme. Le jeûne ne remplace pas un suivi ou un traitement médical.

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