Bien-être des étudiants : comprendre leur mal-être… et ce qui peut vraiment les aider

Sep 20, 2026 | Enfance et éducation

JEUNESSE & SANTÉ MENTALE

Bien-être des étudiants : de quoi ont-ils vraiment besoin ?

Santé mentale des étudiants, stress, anxiété, perte de sens, troubles du sommeil, addiction aux écrans, harcèlement, manque de confiance en soi… Ces mots font tristement partie du quotidien lorsqu’on parle de la jeunesse.

Mais derrière les chiffres et les diagnostics se trouvent avant tout des jeunes qui cherchent leur place, qui doutent, qui se questionnent et qui, parfois, ne savent plus très bien comment avancer et où aller.

Le bien-être des étudiants mérite d’être abordé autrement que sous l’angle de la réussite scolaire ou de la prévention des difficultés psychologiques.

Alors, j’ai envie d’amener une réflexion différente : comment aider les jeunes à construire une vie qui ait du sens pour eux ?

SANTÉ MENTALE & BIEN-ÊTRE ÉTUDIANT

Santé mentale des étudiants : quand le mal-être ne se voit pas

Ce sujet n’est pas anecdotique, c’est ce que nous prouve les études récentes. Par exemple, l’enquête « Bien-être et Santé des Étudiant·es 2024 » de l’Observatoire national de la vie étudiante révèle qu’un étudiant sur trois présente des signes de détresse psychologique.

Le sommeil apparaît comme un point de fragilité important : seuls 45 % des étudiants interrogés considèrent leur qualité de sommeil comme bonne ou très bonne.

Je tiens à préciser que ces données ne signifient évidemment pas que la jeunesse va mal dans son ensemble. Elles nous invitent plutôt à regarder ce qui se joue derrière certains comportements, car le mal-être étudiant peut s’avérer invisible.

On peut réussir ses examens et être profondément anxieux, avoir des amis et ressentir une grande solitude, être très investi dans ses études et ne plus éprouver de plaisir, ou encore sourire à ses proches tout en ayant le sentiment de ne plus savoir où aller.

La santé mentale ne se résume pas à l’absence de maladie.

L’OMS définit par ailleurs la santé comme « un état complet de bien-être physique, mental et social ». Une définition qui nous rappelle que le bien-être concerne l’ensemble de notre vie : notre corps, nos émotions, nos relations, notre environnement et notre capacité à trouver notre équilibre.

SE CONSTRUIRE, TROUVER SA VOIE

Le mal-être des jeunes ne s’arrête pas au stress des examens

Les demandes des adolescents et des jeunes adultes sont très souvent bien tangibles, c’est ce que je constate dans mon cabinet. On retrouve les difficultés de concentration, du stress, de l’anxiété, un sommeil perturbé, un manque de confiance en soi, des difficultés relationnelles…

Mais derrière ces manifestations se trouve peut-être quelque chose de plus profond, comme par exemple une question que l’on s’est tous posé à un moment donné : 

« Qu’est-ce que je veux vraiment faire de ma vie ? »

L’entrée dans les études supérieures est une période de transition considérable. Il faut choisir une orientation, devenir progressivement autonome, se construire de nouveaux repères, parfois quitter le nid, rencontrer de nouvelles personnes et commencer à imaginer son avenir professionnel.

Cette liberté peut être enthousiasmante, comme vertigineuse !

Certains se sentent perdus face à un avenir à choisir très tôt. Ils cherchent ce qui les anime réellement, ce qui leur correspond, ce qu’ils ont envie de construire. Et le flou peut aussi nourrir l’angoisse.

Ce questionnement commence bien avant l’entrée dans les études. « Qu’est-ce que tu veux faire quand tu seras grand ? », peut sembler à première vue tout à fait banale comme question.

Pourtant, elle peut être une première invitation à se projeter. Bien sûr, un enfant peut répondre : « Je ne sais pas », et c’est parfaitement normal.

L’enjeu n’est pas de lui faire choisir son métier à 8 ou 10 ans, mais de l’aider progressivement à développer une connaissance de lui-même :
– ce qu’il aime,
– ce qui l’intéresse,
– ce qui le met en mouvement,
– ce qui lui donne envie d’apprendre ou de contribuer.

Avec les années, la question peut évoluer : qu’est-ce que tu aimes faire ? Qu’est-ce qui te passionne ? Dans quelles activités te sens-tu vraiment toi-même ? Qu’aimerais-tu découvrir ? Comment imagines-tu ta vie dans cinq ans ?

J’invite vraiment les parents à poser ce type de questions à leurs enfants. Elles ne donneront pas de réponses toutes faites, mais vont lancer la réflexion, mettre en projet et, surtout, elles autorisent le jeune à chercher !

PRÉVENIR LE MAL-ÊTRE ÉTUDIANT

Faut-il vraiment tout sacrifier pour réussir ses études ?

Un étudiant qui entre dans une période intense peut être tenté de tout sacrifier pour son travail. Les loisirs deviennent secondaires, les amis attendront… Le sport peut être mis de côté, les activités créatives disparaissent et les week-ends deviennent presque exclusivement des temps de révision.

Pourtant, préserver ces espaces n’est pas perdre son temps, c’est aussi prendre soin de son équilibre.

Un étudiant a besoin de ses études, bien sûr, mais également de relations amicales, d’activité physique, de moments de détente, de créativité, de nature, de projets personnels.

C’est tout aussi vrai pour un adulte, et d’autant plus pour un jeune en construction.

Faire du sport, cuisiner, bricoler, dessiner, jouer de la musique, marcher, lire, créer ou simplement passer du temps avec des personnes chères sont autant de manières de nourrir d’autres dimensions de soi.

Le bien-être ne consiste pas à optimiser chaque minute, c’est aussi à accepter de ne pas être uniquement un étudiant performant.

ACCOMPAGNER LES JEUNES

Et les adultes dans tout cela ?

Parents, enseignants, éducateurs : nous avons tous un rôle à jouer.

Attention, accompagner un jeune ne signifie pas porter son bien-être/mal-être à sa place. Cela commence par quelque chose de très simple : cultiver soi-même sa présence.

Un adulte épuisé, constamment sollicité, connecté et préoccupé aura plus de difficulté à offrir une vraie présence à un jeune.

Prendre soin de soi n’est pas un acte égoïste.

S’accorder du temps pour pratiquer une activité physique, artistique ou simplement ressourçante, préserver des moments de calme, limiter les sursollicitations numériques, retrouver ce qui nourrit notre joie intérieure : ce sont aussi des façons de montrer aux jeunes que l’équilibre se construit au quotidien.

Connaissez-vous la différence entre être présent et être disponible ?

Pour vous donner un exemple, être dans la même pièce qu’un adolescent ne signifie pas nécessairement être avec lui.

En tant que parent, nous pouvons commencer par :
– un repas sans téléphone,
– une promenade,
– un trajet en voiture,
– une activité partagée,
– quelques minutes où l’on écoute réellement.

Ces temps de qualité sont précieux.

Et plutôt que d’interroger uniquement les résultats scolaires, pourquoi ne pas s’intéresser davantage à ce qui fait vibrer le jeune ?

Qu’est-ce que tu as aimé cette semaine ?
Qu’est-ce qui t’a surpris ?
Qu’est-ce que tu as découvert ?
Qu’est-ce qui te passionne en ce moment ?

Ces conversations permettent de mieux connaître l’adolescent… et parfois de mieux se connaître soi-même. 😉

SENTIMENT D’APPARTENANCE

Se sentir utile : un besoin au bien-être des jeunes

Le sentiment d’appartenance joue lui aussi un rôle dans le bien-être des jeunes. Participer à un projet familial, préparer un repas, aider quelqu’un, prendre une responsabilité dans une association, organiser une activité ou encore contribuer à un projet collectif…

Tout cela peut sembler anodin, et pourtant ces expériences permettent de ressentir « J’ai ma place ici ; je suis utile ; ce que je fais compte. »

La discipline positive, que j’intègre dans certains accompagnements, aborde  justement cette dimension : encourager plutôt que contrôler, responsabiliser plutôt que faire à la place, et permettre à chacun de trouver sa place dans le groupe.

RÉSEAUX SOCIAUX & INFLUENCE

Comment aider les jeunes à penser par eux-mêmes ?

Les jeunes grandissent dans un environnement saturé d’informations, d’images, de normes et de modèles.

Réseaux sociaux, influenceurs, publicités, performances affichées en permanence : comment savoir ce qui nous correspond réellement ?

L’enjeu n’est peut-être pas de répondre à toutes leurs questions, mais plutôt de leur apprendre à questionner ce qu’ils voient et ce qu’ils pensent.

Pourquoi ai-je envie de cela ?
Est-ce réellement mon désir ?
Ou est-ce ce que l’on attend de moi ?
Qu’est-ce que cette comparaison provoque chez moi ?
Est-ce que cette information est vraiment fiable ?

En accompagnement, le dialogue exploratoire permet d’ouvrir cet espace de réflexion, dans un cadre sécurisant, sans imposer de réponse.

Développer l’esprit critique me semble primordial pour la jeunesse. Alors attention, développer son esprit critique, ce n’est pas apprendre à se méfier de tout, c’est apprendre à penser par soi-même.

AIDER LES JEUNES, DES REPÈRES AU QUOTIDIEN

Des pratiques concrètes pour prendre soin de sa santé mentale

Il n’existe évidemment pas une solution unique au mal-être des jeunes, mais certaines ressources peuvent être développées. 👇

Pour les étudiants

préserver un rythme de sommeil aussi régulier que possible ;

 maintenir une activité physique ;

 conserver des relations amicales ;

 garder au moins une activité qui procure du plaisir sans objectif de performance ;

 limiter les sollicitations numériques, particulièrement avant le coucher ;

 apprendre à reconnaître ses émotions et ses signaux de fatigue ;

 prendre du recul face à la comparaison sociale ;

 accepter de ne pas avoir immédiatement toutes les réponses ;

 se questionner régulièrement sur ce qui donne du sens à sa vie ;

 demander de l’aide lorsque la souffrance devient trop importante.

Pour les parents/enseignants

privilégier l’écoute avant la recherche immédiate de solutions ;

créer des espaces de discussion sans jugement ;

s’intéresser aux passions du jeune autant qu’à ses résultats ;

encourager l’autonomie et la contribution ;

valoriser les efforts, les progrès et les initiatives ;

préserver des vrais temps de présence ;

être attentif aux changements de comportement ;

prendre au sérieux les situations de harcèlement ;

montrer par l’exemple qu’il est possible de prendre soin de soi.

Et surtout : ne pas rester seul face à une situation inquiétante.

Lorsque le mal-être devient intense, durable ou s’accompagne de conduites dangereuses, un accompagnement professionnel et, si nécessaire, médical doit être recherché.

BIEN-ÊTRE DES JEUNES : DÉVELOPPER SES RESSOURCES

Et si le bien-être se cultivait ?

Observer ce qui se passe en eux, reconnaître leurs sensations, leurs émotions et leurs pensées, sans être systématiquement emportés par elles : voilà ce que sont les pratiques de pleines conscience.

Cultiver la présence, ce n’est pas demander aux jeunes de « se détendre » ou de penser positivement, contrairement à ce que l’on peut imaginer.

La méditation de pleine conscience peut devenir une ressource pour mieux vivre le stress et développer une attention plus consciente à soi et à son environnement.

Mais elle n’est évidemment pas la seule voie. Selon l’âge, la personnalité et les besoins du jeune, d’autres approches peuvent permettre de travailler ces mêmes ressources : le dialogue exploratoire, la discipline positive, le mouvement, l’art ou encore des propositions créatives.

C’est cette complémentarité que je privilégie dans l’accompagnement des enfants et des adolescents, en adaptant les outils à chacun.

L’objectif n’est pas de fabriquer des jeunes « parfaitement adaptés », mais de leur permettre de développer leurs propres ressources, de mieux se comprendre, de renforcer leur confiance et de trouver progressivement leur place.

À CHACUN SES BESOINS

Face au mal-être des jeunes, pourquoi une seule approche ne suffit pas toujours ?

C’est dans cette perspective que j’accompagne adolescents et jeunes adultes dans mon cabinet près de Pau. Je ne cherche pas à leur donner la recette du bonheur.

Mon objectif est plutôt de leur offrir un espace où ils peuvent ralentir, se poser, réfléchir, expérimenter et mieux se comprendre. Les pratiques méditatives peuvent aider à développer la présence et à mieux apprivoiser le stress.

Le dialogue exploratoire permet d’interroger ses pensées, ses choix et ses représentations, tout en développant progressivement son esprit critique. Tandis que la discipline positive apporte des repères pour favoriser la coopération, la responsabilisation et le sentiment d’appartenance.

Enfin, les dispositifs inspirés de l’art-thérapie peuvent offrir d’autres chemins d’exploration lorsque les mots ne suffisent pas : créer, représenter, expérimenter, ressentir… pour parfois accéder à une partie de soi difficile à exprimer autrement.

Ces approches ne remplacent pas les soins médicaux ou psychologiques nécessaires lorsque la situation l’exige. Elles peuvent en revanche constituer des ressources précieuses pour apprendre à mieux se connaître et développer ses capacités d’adaptation.

CONSTRUIRE DU SENS

Bien-être des étudiants, au-delà de la réussite scolaire

Finalement, qu’est-ce que le bien-être ?

Telle est la question ! Et il n’existe probablement pas une seule réponse. Le bien-être d’un étudiant ne se mesure pas uniquement à ses résultats, à son diplôme ou à son insertion professionnelle.

Il peut aussi se trouver dans sa capacité à savoir ce qu’il aime, à entretenir des relations qui lui font du bien, à prendre soin de son corps, à traverser ses émotions, à exercer son esprit critique, à trouver sa place et à construire progressivement un avenir qui lui ressemble.

Mais le bien-être n’est pas l’absence de difficultés. Bien au contraire, c’est plutôt la capacité à avancer avec elles, à savoir demander de l’aide quand c’est nécessaire et à trouver peu à peu ce qui donne du sens à son chemin.

Événement le 15 octobre prochain

« C’est quoi, le bonheur pour vous ? » une question à partager

Cette réflexion sera au cœur de la soirée organisée le 15 octobre au Centre Alexis Peyret à Serres-Castet (64), avec la diffusion du film « C’est quoi le bonheur pour vous ? ».

La soirée sera suivie d’un temps d’échange autour de l’éducation, du bien-être et de la santé mentale des jeunes, puis d’une méditation de pleine conscience que j’aurai le plaisir de guider.

Avant de vouloir apprendre aux jeunes à « réussir leur vie », il serait peut-être intéressant de leur demander :

« Pour toi, qu’est-ce qu’une vie réussie ? »
« Qu’est-ce qui compte vraiment ? »
« Qu’est-ce qui te rend vivant ? »

Des questions que l’on peut semer dès l’enfance… Pas pour obtenir immédiatement une réponse, mais pour apprendre à chercher la sienne.

BIEN-être des étudiants

Et si vous commenciez simplement par en parler ?

Le bien-être n’est peut-être pas une destination à atteindre, mais un chemin.

Un chemin fait d’essais, de doutes, de rencontres, de choix, parfois d’erreurs… et surtout d’une meilleure connaissance de soi.

Et si, plutôt que de demander aux jeunes « Qu’est-ce que tu vas faire plus tard ? », nous commencions par leur demander « Qu’est-ce qui te fait vibrer aujourd’hui ? »

Et si votre adolescent traverse une période difficile ?

Anxiété, perte de confiance, démotivation, difficultés liées à l’école, au sommeil, aux relations ou à l’orientation… Il n’est pas nécessaire d’attendre que la situation devienne trop difficile pour demander de l’aide.

Je propose un premier échange découverte pour faire le point sur votre situation et voir si mon accompagnement peut répondre à vos besoins.

Aider un jeune à prendre soin de sa santé mentale, c’est aussi lui donner la possibilité de découvrir qui il est, ce qui compte pour lui et la vie qu’il a envie de construire.

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